La Colombie prête à acheter des armes russes pour que le Venezuela en reçoive moins.

MOSCOU, 27 mai — RIA Novosti. Le vice-président colombien Francisco Santos effectuera début juin une visite en Russie inédite dans l’histoire des rapports entre les deux pays, et dont le sujet principal sera la coopération militaire et technique russo-vénézuélienne, rapporte mardi le quotidien Kommersant.

Inquiète de l’accroissement considérable du potentiel militaire du régime d’Hugo Chavez, la Colombie a décidé de rétablir le rapport des forces. Pour y arriver, elle est prête à acheter des armes à la Russie. En échange de la conclusion de contrats, Bogota essaiera de persuader Moscou de réduire ses livraisons d’armements au Venezuela.

Selon les experts, Moscou trouve avantageux d’accepter les propositions de la Colombie. «La Russie est intéressée à appliquer une politique pragmatique dans différentes directions en Amérique latine, c’est pourquoi il est douteux que Moscou mette l’accent sur un seul pays, a déclaré au quotidien Vladimir Davydov, directeur de l’Institut de l’Amérique latine de l’Académie russe des sciences. A mon avis, la Russie accueillera positivement la proposition de la Colombie».

En ce moment, la coopération militaire et technique entre la Russie et la Colombie est pour le moins insignifiante. «Ces cinq dernières années, nous n’avons livré aux Colombiens que quelques hélicoptères Mi-17, ce qui contraste avec les livraisons d’armes au Venezuela voisin pour 3 milliards de dollars, notamment 24 chasseurs SU-30MK2V», a déclaré Ivan Konovalov, vice-directeur du Centre d’analyse des stratégies et des technologies.

D’après lui, la situation actuelle rappelle paradoxalement la période pas si éloignée de la guerre froide, lorsque l’accès de l’URSS au marché latino-américain dépendait uniquement des facteurs politiques. L’establishment politique des Etats-Unis sonne l’alarme en parlant du cas latino-américain comme d’une partie de la tendance générale de la Russie à redevenir une grande puissance et du désir du Kremlin de s’opposer de nouveau à Washington dans n’importe quelle partie du monde.

«Cependant, il n’y a ici aucun dessous politique, affirme Ivan Konovalov. Il n’y a que des intérêts financiers. Les Etats-Unis avaient eux-mêmes perdu un marché avantageux en introduisant en 2005 un embargo sur les livraisons d’armements au Venezuela».

«D’autre part, poursuit l’expert, la «découverte» du marché latino-américain était vitale pour le développement du complexe militaro-industriel russe. Les marchés des armes de la Chine et de l’Inde — qui ont longtemps été les pôles principaux des livraisons russes — sont déjà sursaturés de «métal», c’est pourquoi la coopération militaire et technique avec ces pays passe graduellement dans le domaine des hautes technologies. Voilà pourquoi le Sud-Est asiatique, l’Afrique du Nord et l’Amérique latine qui ont besoin avant tout de matériel de guerre fiable et pas trop cher sont considérés par les producteurs d’armes russes comme les régions les plus prometteuses».

Il n’est pas certain que Moscou soit prêt à réduire sa coopération avec le colonel Chavez. De toute façon, comme l’a déclaré hier une source au sein du complexe militaro-industriel russe, «ce problème n’est pas commercial, mais purement politique et il sera réglé en haut lieu».

Cet article est tiré de la presse et n’a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

 

Published: RIA NOVOSTIhttp://fr.rian.ru/world/20080527/108579012.html