La Colombie prête à acheter des armes russes pour que le Venezuela en reçoive moins.

Voici un article de la presse russe (Kommersant) en date du 27/05/2008 qui, comme celui publié hier sur les tentatives de partenariat entre l’UE et la Russie, montrent qu’il y a une évolution de la stratégie étasunienne et occidentale en général face à la Russie. Après l’humiliation des années Elstine, le dépeçage, le séparatisme de ses marches et plus recemment encore l’installation de fusée, on assiste par le biais d’accords commerciaux à la tentative de sinon réintégrer la Russie dans le camp occidental à tout le moins a un peu la détacher du camp des pays émergents et des pays du sud. Etant bien clair que la Colombie n’est qu’une marionnette. L’occident table sur la constitution dans l’ex-URSS de véritables empires industriels qui aujourd’hui ne peuvent se dévgelopper qu’en liens avec l’Etat mais qui demain pourraient offrir aux hommes au pouvoir une place dans les rangs des milliardaires et des multinationales. Le projet de Poutine est d’en finir avec la seule exportation de matière première et les importations de produits fabriqués, il faut constituer une industrie telle que par exemple 80% des voitures russes soient produites par la Russie. des accords nucléaires et portant sur la haute technologie viennent d’être signés avec la Chine. Seul l’Etat russe peut assurer ce développement, mais au profit de qui ? Les occidentaux espèrent ici comme en Chine l’apparition d’une classe de capitalistes mondialisée abandonnant la souveraineté.

Alors même que la popularité de l’actuel gouvernement réside dans la mise au pas des oligarques, la reconquête de la dignité russe et une certaine stabilité. Si la démocratie occidentale (la merdocratie selon la manoère dont les Russes l’on rebaptisée) n’a pas bonne presse, il faut bien mesurer que l’adhésion n’est pas soumission et que si le pacte qui fonde la popularité est violé, la Russie bougera, déjà se sont multipliées les grèves. Nous ne sommes pas devant un peuple qui préfère le knout à la démocratie, mais un peuple pour qui la démocratie occidentale n’a été qu’un des visages de l’exploitation et de l’impérialisme. Ce que nous ignorons les gouvernants le savent.

Si l’actuel nationalisme,  la manière dont il joue l’endiguement face à l’impérialisme occidental ne devait déboucher que sur une nouvelle oligarchie de pilleurs, l’actuelle stabilité interne autant que la souveraineté reconquise n’existerait plus. C’est pourquoi Samir Amin a raison de penser qu’il s’agit d’une illusion nationaliste qui porterait l’impérialisme jusqu’à un niveau concurrentiel terrible pour les peuples et la planète. Les communistes du monde entier ont intérêt à mesurer la complexité dans laquelle se déploie désormais leur stratégie de changement social.

Même si cet article et la situation actuelle montre que la Russie n’écoute pas les sirènes occidentales et sait trés bien que si elle baisse la garde les fragiles victoires en matière de souveraineté qu’elle a pu remporter ne la mettent pas à l’abri. Enfin, je crois que Sarkozy qui actuellement tente d’obtenir des pays de l’Est une meilleure intégration européenne et une hostilité moindre à l’égard de la Russie, porte ici aussi cette nouvelle stratégie qui n’est pas celle de l’Union européenne mais celle de l’impérialisme , y compris aux Etats-Unis celle des conservateurs, prêts à tourner la pase de Bush pour faire face d’une manière offensive à leur perte d’influence dans le monde. Sitôt élu le nouveau président russe a souhaité visiter le président chinois pour confirmer coopération et alliance stratégique mais pour les deux pays ce qui se joue est entre patriotisme, défense de la souveraineté, appartenance comme ils l’ont confirmé à des pays du sud dont ils souhaitent le développement, et naissance en liaison avec l’Etat d’une nouvelle classe de capitalistes. le processus est différent en Russie et en Chine, mais il est évident que tous les pays émergents y sont confrontés, et que la lutte des peuples va jouer une grand rôle dans l’évolution;

Danielle Bleitrach
MOSCOU, 27 mai – RIA Novosti. Le vice-président colombien Francisco Santos effectuera début juin une visite en Russie inédite dans l’histoire des rapports entre les deux pays, et dont le sujet principal sera la coopération militaire et technique russo-vénézuélienne, rapporte mardi le quotidien Kommersant.

Inquiète de l’accroissement considérable du potentiel militaire du régime d’Hugo Chavez, la Colombie a décidé de rétablir le rapport des forces. Pour y arriver, elle est prête à acheter des armes à la Russie. En échange de la conclusion de contrats, Bogota essaiera de persuader Moscou de réduire ses livraisons d’armements au Venezuela.

Selon les experts, Moscou trouve avantageux d’accepter les propositions de la Colombie. « La Russie est intéressée à appliquer une politique pragmatique dans différentes directions en Amérique latine, c’est pourquoi il est douteux que Moscou mette l’accent sur un seul pays, a déclaré au quotidien Vladimir Davydov, directeur de l’Institut de l’Amérique latine de l’Académie russe des sciences. A mon avis, la Russie accueillera positivement la proposition de la Colombie ».

En ce moment, la coopération militaire et technique entre la Russie et la Colombie est pour le moins insignifiante. « Ces cinq dernières années, nous n’avons livré aux Colombiens que quelques hélicoptères Mi-17, ce qui contraste avec les livraisons d’armes au Venezuela voisin pour 3 milliards de dollars, notamment 24 chasseurs SU-30MK2V », a déclaré Ivan Konovalov, vice-directeur du Centre d’analyse des stratégies et des technologies.

D’après lui, la situation actuelle rappelle paradoxalement la période pas si éloignée de la guerre froide, lorsque l’accès de l’URSS au marché latino-américain dépendait uniquement des facteurs politiques. L’establishment politique des Etats-Unis sonne l’alarme en parlant du cas latino-américain comme d’une partie de la tendance générale de la Russie à redevenir une grande puissance et du désir du Kremlin de s’opposer de nouveau à Washington dans n’importe quelle partie du monde.

« Cependant, il n’y a ici aucun dessous politique, affirme Ivan Konovalov. Il n’y a que des intérêts financiers. Les Etats-Unis avaient eux-mêmes perdu un marché avantageux en introduisant en 2005 un embargo sur les livraisons d’armements au Venezuela ».

« D’autre part, poursuit l’expert, la « découverte » du marché latino-américain était vitale pour le développement du complexe militaro-industriel russe. Les marchés des armes de la Chine et de l’Inde – qui ont longtemps été les pôles principaux des livraisons russes – sont déjà sursaturés de « métal », c’est pourquoi la coopération militaire et technique avec ces pays passe graduellement dans le domaine des hautes technologies. Voilà pourquoi le Sud-Est asiatique, l’Afrique du Nord et l’Amérique latine qui ont besoin avant tout de matériel de guerre fiable et pas trop cher sont considérés par les producteurs d’armes russes comme les régions les plus prometteuses ».

Il n’est pas certain que Moscou soit prêt à réduire sa coopération avec le colonel Chavez. De toute façon, comme l’a déclaré hier une source au sein du complexe militaro-industriel russe, « ce problème n’est pas commercial, mais purement politique et il sera réglé en haut lieu ».

 

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